Livres de Sinoué

Livres de Sinoué 1) L'Égyptienne
Août 1790 ... "La Terre vibrait sous elle comme un être assoupi, nourri d'on ne sait quel rêve. Cette terre d'Egypte dont Schéhérazade, treize ans, savait toutes les senteurs, les moindres frémissements..." Schéhérazade c'est l'Egyptienne. Autour d'elle tente de survivre une Egypte exsangue, province ottomane que se déchirent depuis des siècles les pachas turcs et les beys mamelouks. Juillet 1798... Un certain général Bonaparte, aveuglé par son "rêve oriental", débarque à Alexandrie à la tête de quarante mille hommes. Dès lors, Schéhérazade et les siens sont pris dans un tourbillon meurtrier tandis qu'agonise l'Expédition française dans des bains de sang qui souilleront le sable du désert et les flots majestueux du Nil. C'est une prodigieuse fresque qui défile sous nos yeux, avec les espoirs, les passions, les tourments d'une femme, d'une famille, et, à travers eux, le destin de l'un des plus vieux peuples du monde. -

2) L'enfant de Bruges

Présentation de l'éditeur
Bruges, 1441. Arborant un air mystérieux, l'index posé sur les lèvres, Jan Van Eyck avait chuchoté : Petit, il faut savoir se taire, surtout si l'on sait. Qui pouvait se douter alors que, derrière la recommandation du maître flamand, se cachait le Grand Secret ? À travers les brumes de Flandre et la luminosité éclatante de la Toscane, un enfant de treize ans va se retrouver confronté à une effroyable conspiration. Un monde occulte, empli de ténèbres qu'il lui faudra affronter avec l'innocence pour toute arme. Pourquoi veut-on sa mort ? Que sait-il qu'il n'aurait jamais dû connaître ? Pour quelle raison des peintres de génie, des apprentis, des orfèvres, des penseurs, des architectes sont-ils la cible de meurtriers invisibles ? Quels sont les fils mystérieux qui les relient entre eux et les tirent insensiblement au bord de l'abîme ? Autant de questions auxquelles l'enfant de Bruges devra s'efforcer de répondre s'il ne veut pas disparaître à son tour dans la nuit.

Gilbert Sinoué a suivi un drôle de parcours. Il est né en Egypte, en 1947. Après des études chez les jésuites, il vient à Paris pour suivre l'Ecole normale de musique. Il a alors dix-neuf ans et ne connaît qu'une seule personne dans la capitale. «En Egypte, je vivais sur un bateau, celui que mon père avait racheté au roi Farouk. Il l'avait transformé en navire de croisière pour les touristes. C'est là que j'ai vu chanter Jacques Brel et que j'ai eu la certitude qu'un jour j'écrirais.» Ses débuts parisiens sont difficiles. Il se produit dans des boîtes de nuit, compose. Et puis une première chanson est choisie par Isabelle Aubret, d'autres ensuite par Claude François, Dalida, Jean Marais, Marie Laforêt, Jean-Claude Pascal... «Un jour, j'ai tout arrêté - l'approche de la quarantaine probablement - et j'ai commencé mon premier roman. Je l'ai envoyé par la Poste à Olivier Orban qui l'a publié. Parallèlement, il imagine un feuilleton-fleuve (cent cinquante épisodes), Le destin du docteur Calvet. «J'ai appris à écrire de manière concise, claire, à un rythme d'enfer.» Gilbert Sinoué est devenu romancier à plein temps avec plusieurs gros succès comme Le livre de saphir ou L'enfant de Bruges, étudié dans certaines écoles.

Dans son appartement de Neuilly, comme dans son bureau situé dans l'immeuble voisin, tout rappelle ses intérêts. Des photos de son fils bien sûr, dont ce père tardif affirme qu'il a changé sa vie. Plusieurs beaux livres sur l'Egypte et un narguilé qu'il aime fumer de temps en temps. La photo du fameux bateau de son père, sur lequel il a passé la plus grande partie de son enfance, est posée contre la bibliothèque, à côté du fac-similé du contrat de Flaubert pour Madame Bovary: 800 francs d'à-valoir! Un portrait de Lawrence Durrell nous apprend que Le quatuor d'Alexandrie est son livre de chevet depuis toujours, avec Le rivage des Syrtes de Julien Gracq. La guitare, qu'il gratte encore un peu pour son fils, n'accompagne plus aucune chanson. Tout cela appartient au passé. Aux murs, des peintures de sa femme qui jadis fut infirmière. Dans son bureau s'ouvrant sur un petit jardin, l'ordinateur tient une place de choix. «Je débute souvent mes recherches sur Internet.» En ce moment, il travaille sur Akhenaton. Il ne prend jamais de vacances entre deux livres. «D'abord parce que je vis de ma plume et qu'ensuite il faut que je combatte mon côté oriental. J'aurais une fâcheuse tendance à faire de longues siestes tous les jours. Il faut donc bien que j'aie un aiguillon.» Tout près de lui, il y a la Bible. Il lit régulièrement le Coran, le Nouveau Testament et la Torah. Par passion, par curiosité. Pour tenter de trouver une réponse à l'éternelle question: que faisons-nous sur terre? L'a-t-il trouvée? Probablement pas, mais c'est cette réponse précisément qu'il recherche à travers tous ses livres.

3)Le livre de saphir

Dans une Espagne déchirée par la guerre de reconquête et l'Inquisition, trois hommes vont partir à la recherche de ce mystérieux ouvrage. Trois hommes que tout sépare : un juif, un moine franciscain et un Arabe. Ils n'auront pas d'autre choix que d'unir leur prodigieux savoir pour accéder à la plus grande révélation de tous les temps. Doña Manuela Vivero, proche d'Isabelle la Catholique, va croiser leur route. Elle est détentrice, affirme-t-elle, de la clé, l'ultime, celle qui conduit au Livre…

Le mot de l'auteur : "Et si Dieu refusait d'être enfermé dans une religion ? Si Juifs, Chrétiens, musulmans, étaient tous dans l'erreur ? Si la vérité, la Grande, était ailleurs ? Hors des traditions et des mythes religieux. Si la réponse n'était inscrite ni dans la Torah, ni dans le Nouveau Testament, ni dans le Coran, mais dans un autre livre… invisible, et pourtant omniprésent."

4) un bateau pour l'enfer

9 novembre 1938. Après l'assassinat à Paris du conseiller d'ambassade von Rath, Goebbels déclenche dans toute l'Allemagne, à titre de « représailles », la tristement célèbre nuit de Cristal : incendie des synagogues, pillage des maisons juives… Quelques mois plus tard, en réponse aux protestations qui s'élèvent du monde entier, mais surtout pour des raisons de propagande extérieure, Adolf Hitler autorise les Juifs qui le souhaitent à quitter l'Allemagne. 13 mai 1939. À Hambourg, le S. S Saint-Louis, paquebot battant pavillon nazi, largue les amarres. À son bord, 937 passagers, dont 550 femmes et enfants. Tous sont des Juifs allemands. Tous sont munis de visas. Destination : La Havane. C'est à Cuba que les exilés espèrent séjourner, en attendant que leur soit accordé le droit d'entrée aux Etats-Unis. Le 23 mai, alors que le bateau est à la veille de pénétrer dans les eaux territoriales cubaines, Gustav Schröder, capitaine du Saint-Louis, reçoit un câble expédié par le gouvernement de La Havane :

MOUILLAGE EN RADE - STOP - NE PAS TENTER D'APPROCHER PORT.

Puis l'ordre lui est transmis de faire demi-tour et de ramener sa " cargaison " à Hambourg. Schröder sait le destin tragique qui attend ses passagers s'ils rentrent en Allemagne. Il décide de passer outre et prend contact avec les gouvernements du monde dit libre en leur demandant d'accueillir ses passagers. Roosevelt, le premier sollicité, refuse. Le Canada refuse. Toutes les nations d'Amérique latine refusent. À Berlin, Goebbels exulte :

PERSONNE N'EN VEUT !

C'est ainsi que commence l'effroyable errance du Saint-Louis. S'appuyant aussi bien sur des documents d'archives que sur les confidences des survivants, Gilbert Sinoué retrace ici, heure par heure, une épopée dont on pourrait se dire qu'elle n'a pu exister tant elle semble inconcevable

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